Les devoirs à domicile, parlons-en !

Les devoirs à domicile, parlons-en!

Quel parent n’a jamais dit : « As -tu fait tes devoirs ? », « Va étudier ! », « Fais tes devoirs maintenant !», « Tu le fais exprès? », … autant de petites phrases assassines qui détruisent et mettent à mal la confiance en soi de l’enfant.

Comment aider son enfant après sa journée d’école en sachant que le parent a eu aussi sa journée de travail éreintante ? Quels sont les alternatives/solutions pour que les devoirs à domicile ne se transforment pas en un véritable cauchemar?

Tout d’abord, est-ce que le devoir est indispensable?

Le devoir est un exercice supplémentaire donné par l’enseignant qui est à effectuer en dehors des cours. Il est indispensable, a pour but de favoriser l’autonomie et de stabiliser les apprentissages acquis durant la journée de cours. Ils sont aussi une façon pour l’enseignant de montrer aux parents ce qui est étudié en classe. Ces derniers peuvent ainsi se rendre compte de la manière dont leur enfant évolue, où il en est dans son apprentissage. Le devoir devient donc un moyen de communication entre l’école et la famille.1

Mais comment faire lorsque l’enfant est fatigué, déconcentré ou n’a tout simplement pas envie de travailler après l’école ? Ce temps scolaire prévu pour les devoirs peut vite se transformer en un véritable cauchemar, le parent devient le persécuteur, celui qui pointe du doigt les difficultés, celui qui perd patience et par la même occasion, ne mesure plus ses paroles…

Parents, quelles stratégies adopter ?

D’après Robert Slavin2, le temps investi dans les tâches extra-scolaires est influencé par des éléments tels que la motivation scolaire et la maîtrise des connaissances prérequises à la tâche mais aussi à la qualité de l’aide apportée, le temps alloué par les parents pour aider leurs enfants… en un mot, la qualité du temps extra-scolaire.

Alors comment transformer ce laps de temps en un moment de travail agréable? Sachant que plus de 40% des parents consacrent moins de trente minutes aux devoirs de leurs enfants chaque jour : faute de temps, de compétences… Les devoirs à la maison deviennent donc un facteur d’inégalités très important.3

Voici quelques recommandations … !

Exit les portables, Wii, Nintendo et autres jeux électroniques! L’enfant doit faire ses devoirs dans un environnement où il ne sera pas tenté, au calme.

– Proposez une « routine » après l’école ( le goûter / les devoirs / le moment de détente / le repas, …) permet à l’enfant de moins rechigner à faire ses devoirs au moment voulu. À chaque enfant son rythme, à chaque famille sa routine.

Intéressez-vous à son apprentissage. Proposez-lui de vous expliquer ce qu’il a compris : c’est la réactivation de la mémoire avec ses propres termes, ses propres schémas, ses propres dessins, ses propres gestes, …

– Il est parfois très difficile pour un enfant de se remettre au travail après une journée d’école. Donc, inutile de lui imposer une pression supplémentaire… Accompagnez-le plutôt de manière constructive, encouragez-le et félicitez-le dès qu’un exercice a été réalisé. L’estime de soi et la confiance en soi en seront décuplées.

Ne faites pas les devoirs de l’enfant à sa place ! D’une part, vous ne lui rendrez pas service car il n’a peut-être pas bien compris une notion et vous risqueriez de le placer dans une situation difficile par rapport au reste du programme scolaire. D’autre part, le message transmis pourra être interprété ainsi : « tu n’es pas capable » ou « tu ne sais rien, je sais mieux que toi ». Ne laissons pas ce type d’interprétations néfastes se dresser et lui coller à la peau.

– Le devoir c’est aussi laisser l’enfant évoluer en toute autonomie mais le parent doit veiller à ce que les devoirs ne soient pas fait à la dernière minute, du style dimanche soir à 21h…

– Punir, menacer et supprimer les loisirs et/ou les activités sportives ne sert à rien, ces agissements ne font qu’amplifier le stress, n’améliorent pas la concentration et l’amélioration des résultats scolaires.

Et enfin, n’oubliez pas qu’une relation saine et un lieu de travail au calme sont des facteurs propices à l’apprentissage.

Adriana Chindamo   Conseillère pédagogique Réussit’School